Ils veulent noyer le village de Zeynep!

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Situé au Sud-Est de la Turquie, dans la région kurde, près de Bingöl, le village de Riz a déjà été brûlé trois fois au cours de son histoire : par l’armée ottomane pendant le génocide des Arméniens en 1915, par l’armée turque au cours de la répression de la révolte de Sheyh Saïd en 1925, puis en 1993 lorsque le pouvoir cherchait par tous les moyens à couper la guérilla kurde de ses soutiens dans la population rurale.

Après avoir survécu trois fois aux flammes, Riz est aujourd’hui menacé par l’engloutissement.

En effet, le projet du gouvernement de construire un barrage sur la rivière Sarim en aval de Riz aura pour conséquence de transformer le village et sa vallée en un gigantesque réservoir, fosse commune de la faune, de la flore et de l’enfance. La totalité des cours d’eau de la vallée seraient aspirés par des pompes afin d’alimenter le réservoir.

L’objectif de ce barrage n’est pas seulement de produire de l’électricité. Il a aussi pour fonction d’empêcher la circulation des groupes de guérilla et de disloquer la société rurale kurde et ses foyers de résistance.

Si le projet se concrétise, la construction et la gestion du barrage, de même que la production et la vente de l’électricité seront aux mains d’une entreprise privée proche de l’AKP, le parti national-islamiste au pouvoir. C’est exactement selon les mêmes modalités que le site archéologique d’Hasankeyf a été englouti l’année passé.

Sur place, l’oncle Emin, président de l’Association pour la préservation de la nature et de l’héritage culturel du bassin de la Sarim, organise la mobilisation avec les habitants.

Riz est le village de Zeynep, de la grande Ayfer, d’Aziz, de la petite Ayfer, de Ruken, de Gulfer, de Selahadin, d’Asya, de Da-Met, de Sherif, de Mahmut, de Da-Zor, de l’oncle Hüseyin, de Siddik, de Reshit… de tous les personnages dont nous transcrivons et dessinons la vie dans ces pages.

« Le communisme, c’est les conseils plus l’électricité », a dit Lénine. Oui. Mais pas à n’importe quel prix et pas dans n’importe quel but. Et le communisme, c’est aussi bien d’autres choses…

Pour les enfants de Riz, les fruits ne sont la propriété de personne. Même chez les adultes, ce postulat fait presque consensus. Pendant la saison des fruits, on part le matin et on revient le soir sans rien emporter. Tout le jour durant, on voyage en liberté en allant d’arbre en arbre. On n’en descend que pour aller nager dans la rivière. Les poussées d’adrénaline sont fréquentes, mais on trouve toujours une branche pour se rattraper en cas de déséquilibre.

Bien souvent, les fruits sont mangés avant d’avoir eu le temps de mûrir. Début juin, les pêches sont croquantes. Mi-juin, c’est déjà le tour des pommes. Fin juin, celui des mûres, qui poussent sur les mûriers. Début juillet arrivent les prunes, en même temps qu’une autre sorte de mûre exceptionnellement douce. On l’appelle « tuy-suri ». Avec son jus, on peut se maquiller les yeux. C’est alors que commence la saison de la rivière. Fin juillet/début août, les noix sont fraîches. Début août, on voit émerger les tomates et les concombres, mais ces derniers jouissent d’un statut particulier : en consommer à l’improviste est considéré comme un vol. Mi-août, les raisins sont partout…

La vallée est fréquentée par les pies, les corbeaux, les faucons, les hiboux, différentes sortes de serpents, les lézards, les tortues, les ours, les loups… Il y a beaucoup d’oiseaux de nuit qui effrayent les songes de ceux qui reviennent au village après une longue absence.

Emin et les villageois luttent pour ne pas être engloutis. Que peut-on faire pour les aider ? Le spectre de la catastrophe d’Hassankeyf ne doit pas nous paralyser. Commençons par diffuser l’information.

Et pour en savoir plus, je vous invite à lire l’article ci-dessous, publié par ANF News. Il contient notamment une vidéo de l’oncle Emin et de plusieurs villageois, malheureusement dépourvue de sous-titres.

The village of Riz faces disappearance should dam project get go ahead

The village of Riz in the province of Bingöl has a long history. The village was burned down three times and repopulated. Now it is supposed to disappear under water if a dam project is finally given the go ahead.

The village of Riz in the province of Bingöl has a long history. The village was burned down three times and repopulated. Now it is supposed to disappear in a reservoir.

The village of Riz is located in the Dara Hênê (Genç) province of Bingöl in a picturesque natural setting. Surrounded by mountains, the village has a long history as a settlement area. The actual name of the village Riz comes from the Armenian language and means paradise. The last century, however, marked the village with pain and suffering. In 1915 the village was evacuated as part of the Armenian genocide and the Armenian population was deported and most of them murdered.

Lire la suite sur le site ANF News

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